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Pour sa première cérémonie officielle de chef de l'Etat, Nicolas Sarkozy a rendu un émouvant et symbolique hommage à de jeunes résistants fusillés peu avant la
Libération de Paris, au Bois de Boulogne.
"Passant, respecte ce chêne. Il porte les traces de balles qui ont tué nos martyrs", peut-on lire sur un panneau posé sur un arbre.
Non loin, une stèle de pierre blanche où sont inscrits 35 noms. Ceux de jeunes étudiants, âgés pour la plupart de moins de 25 ans, tombés sous les balles allemandes dans la nuit du 16 au 17 août 1944.
C'est dans cette retraite paisible du Bois de Boulogne, à l'ouest de Paris, que Nicolas Sarkozy a présidé sa première cérémonie de président de la République.
"Ce qu'ils incarnent est invincible. Ils ont dit 'non' : 'non' à la fatalité, 'non' à la soumission, 'non' au déshonneur, 'non' à ce qui rabaisse la personne humaine", a dit le président nouvellement investi sous une petite tente blanche dressée au milieu des arbres.
"Ce 'non' continuera d'être entendu bien après leur mort, parce que ce 'non', c'est le cri éternel que la liberté humaine oppose à tout ce qui menace de l'asservir. Ce cri, nous devons l'entendre encore", a ajouté le chef de l'Etat, visiblement ému, devant plusieurs centaines de personnes recueillies.
Dans l'assistance, nombre de lycéens, d'anciens combattants portant décorations et drapeaux, et des personnalités : les présidents des deux Assemblées, Patrick Ollier et Christian Poncelet, l'ancien Premier ministre Pierre Messmer et l'amiral Philippe de Gaulle, fils de l'homme du 18 juin 1940.
En début d'après-midi, Nicolas Sarkozy était allé se recueillir sur la tombe du Soldat inconnu sous l'Arc de Triomphe, puis devant les statues de Georges Clémenceau et du général de Gaulle au Rond-Point des Champs-Elysées. Des gestes lourds de symbole avant son départ pour Berlin, où il devait rencontrer dans la soirée la chancelière Angela Merkel.
LETTRE DE GUY MÔQUET
A la cascade du Bois de Boulogne, la cérémonie a débuté par le dépôt, au pied de la stèle, d'une gerbe de fleurs en forme de Croix de Lorraine tricolore - iris bleu, oeillets de poète blancs et roses rouges.
Le Choeur de l'armée française a ensuite entonné une sombre et poignante Marseillaise qui fut suivie, après les discours, du Chant des partisans.
L'historien Max Gallo a pris la parole en premier pour rendre hommage aux jeunes héros, dont il a égréné les noms.
Ils "sont l'incarnation de l'âme de la Nation qui construit son unité à partir de la diversité. Le patriotisme français naît de l'amalgame des différences", a-t-il souligné dans un grand silence.
La lettre d'adieu de Guy Môquet à ses parents - "Ma petite Maman chérie, mon petit Papa adoré" -, lue par une jeune élève a ému aux larmes une partie du public, dont Nicolas Sarkozy.
Au début de son discours, le chef de l'Etat a annoncé que ce texte serait lu dorénavant dans les lycées. Lors de la campagne électorale, il avait déjà fait référence au jeune résistant fusillé à Chateaubriand (Loire-Atlantique) à l'âge de 17 ans et demi le 22 octobre 1941.
"C'est un grand moment, ça marquera les élèves. L'exemple de ces jeunes peut effectivement les toucher", a déclaré à Reuters après la cérémonie Guy Riquet, directeur du lycée Saint-Dominique de Neuilly-sur-Seine.
Il n'a toutefois approuvé qu'à demi-mot l'idée de faire lire la lettre de Guy Môquet, qui suppose selon lui une mise en condition des élèves.
"Il faut quand même l'expliquer, essayer de faire en sorte que les élèves soient en mesure de la recevoir. Comme ça, telle quelle, à la rentrée... Je pense que ça demande beaucoup de préparation", a-t-il dit.
"De voir tous ces jeunes, toute cette pompe et la qualité des discours" a impressionné Roger Tréméac, ancien combattant d'Algérie. "Ça pourra nous permettre de passer des témoins et de nous assurer que les jeunes ont bien compris que s'ils veulent s'insérer dans l'Europe, il doivent conserver leur propres valeurs de Français".
Avec 20 minutes d'avance sur le programme annoncé, Nicolas Sarkozy a pris la direction de l'aéroport d'Orly où l'attendait son avion pour Berlin.
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